27 novembre 2005

Cookies au chocolat


Demain, c'est mon anniversaire (il y a de nombreuses choses dont j'ignore encore s'il sera bienséant de les évoquer ici, mais je crois savoir que celle-ci est plus à ranger dans la catégorie des «marronniers» du blog), et pour l'occasion l'envie m'a pris de préparer quelques cookies pour mes collègues de bureau. Rien de tel que quelques friandises pour égayer un peu le morne quotidien de l'industrie du logiciel, n'importe qui vous le dira.

Cette lubie culinaire étant entrée en collision avec la frénésie de recherche de sujet pour ce blog qui m'occupe depuis son ouverture avant-hier, je m'en vais partager avec le monde entier la recette de cookies au chocolat que j'utilisai ce soir, tandis que les doux effluves de leur cuisson parfument encore le logis endormi. Oui, le monde entier, car bien que je n'aie aujourd'hui encore qu'un unique lecteur avéré, il ne fait aucun doute que demain, l'internaute en quête d'une recette de «cookies au chocolat» n'aboutira plus sur un de ces portails féminins ou culinaires sans âme qui servilement reproduisent à l'envi des recettes que pas même l'arrière-petit-neveu du webmaster n'a jamais essayé de mettre en pratique, mais bien sur ce fruit d'une longue tradition qu'il va être donné au lecteur suffisamment patient de contempler sous peu.

Je tiens cette recette de Maud, qui entre autres qualités a le bon goût de travailler pour les filles du Quartet Buccal, que je ne peux que vous recommander d'aller voir et ouïr à la première occasion qui se présentera, et comme elle fait bien son travail, où que vous soyez ça ne devrait pas tarder.

Donc. Il vous faudra, pour gaver trois gourmands ou vous metttre une dizaine de collègues dans la poche :


  • un four électrique;
  • 150 grammes de beurre, ingrédient qu'on identifie le plus rapidement à la dégustation soit dit en passant;
  • 200 grammes de chocolat noir à pâtisser, c'est pile une plaquette de Nestlé Dessert sauf que ce soir l'emballage arborait un pompeux «+ 15%» donc ça fera autant de magnésium en plus injecté dans l'entreprise demain. Fuyez comme la peste ce «chocolat à pâtisser au lait» qu'on a vu envahir les étalages ces derniers temps, engeance d'une industrie qui creuse le sillon du «light en goût», ou alors procède à une manoeuvre fiscale en applicant à ce chocolat au lait le taux de TVA réduit habituellement restreint au chocolat dit «de ménage» (je n'ai pas pu trouver l'information, mais cette législation a évolué cette année, à peu près concomitamment à l'apparition du produit honni : c'est louche);
  • 150 grammes de sucre, en poudre;
  • un oeuf, de poule;
  • un demi-sachet de levure chimique, ou un sachet entier dont vous prendrez la moitié, moi j'ai fait comme ça parce qu'on trouve pas de demi-sachets tout prêts au magasin;
  • une pincée de sel, probablement pour une obscure raison chimique;
  • 225 grammes de farine.

Jetez tout ça dans le mixer puis 30 secondes au micro-ondes. Non sérieusement, il faudrait essayer un jour, si ça trouve c'est quasiment aussi bon.

Mais la seule que j'aie testée c'est celle ci, telle qu'elle est écrite de la main de Maud sur le papier que j'ai sous les yeux (et qui quant à lui a déjà fait connaissance avec chacun des ingrédients ci-dessus) :

  • Préchauffer le four à 210°C. J'aimerais vraiment savoir ce qui est passé dans la tête du mec qui a imaginé qu'il serait plus simple de dire «thermostat 7» plutôt que «210°C». Et surtout, qu'on me donne l'adresse du propriétaire de l'ultime four dont le thermostat ne soit pas libellé en degrés Celsius, que je lui offre un nouveau four et plus personne n'aura d'excuse pour utiliser cette échelle indigne de la patrie du mètre. Nom d'une pipe.
  • Mélanger le sucre, la levure, le sel et l'oeuf dans un saladier. Ou une jatte, un grand bol, un évier, peu importe.
  • Faire fondre le beurre. Par exemple en lui passant une musique de Francis Lai.
  • Ici, il me faut révéler que dans une précipitation révélatrice du pouvoir que recèle la fève de cacao, Maud a inscrit «Mettre le chocolat». Seule un rectificatif graphique (une flèche, quoi) remet cette indication à sa juste place, qui est sous le fondamental :
  • Incorporez au mélange le beurre et la farine, en alternance. C'est plus facile qu'il n'y paraît. Sur la forme, le passage de l'infinitif à l'impératif, qui n'est pas un ajout de ma part, semble approprié pour cette phase qui peut mettre à l'épreuve la force de caractère du pâtissier. Le mélange tend à devenir compact, c'est normal et vous n'aviez qu'à acheter un fouet plus solide.
  • Ajouter le chocolat prélablement cassé en petits morceaux. Un grand couteau de boucher est l'arme idéale, l'emploi d'un objet contondant ne résultant qu'en une bouillie impropre à l'usage indiqué.
  • Étaler en petits pâtés sur une plaque préalablement beurrée. Peu d'adverbes, en littérature culinaire, recèlent autant de contrariétés potentielles que «préalablement». Ceux qui l'ont vécu savent de quoi je parle. Pour en revenir aux pâtés, il faut garder à l'esprit lors de leur disposition sur la plaque que si, à l'inverse de la meringue ordinaire, le cookie ne gonfle quasiment pas (sauf peut-être si vous avez décidé d'employer le sachet de levure entier, en guise de protestation contre une industrie du sachet de levure qui refuse de prendre en compte les revendications catégorielles des utilisateurs de demi-sachets), néanmoins s'étale-t-il sur une surface qui peut atteindre le triple (à vue de nez) de celle occupée par le pâté initial. Son corps (toute transsubstantiation mise à part) n'est-il pas fait de beurre après tout ? Prévoyez donc une large zone de sécurité autour de chaque bébé cookie, sauf à vouloir illustrer de manière amusante la construction d'un diagramme de Voronoi. Faites les petits pâtés avec les doigts, en préparation du TP de régression freudienne de la semaine prochaine.
  • Faire cuire moins de 8 minutes. Prenez la soupe, par exemple : impossible de faire «trop cuire» une soupe. Plus c'est long, plus c'est bon. À l'inverse, il est presque impossible (et j'ai encore pu le vérifier ce soir) de ne pas faire cuire assez le cookie. On pourrait presque le déguster cru, n'était cette lancinante sensation de manger du beurre fourré au chocolat, que la cuisson a tendance à légèrement atténuer. En tout cas, ne les quittez pas des yeux : le passage de «doré» à «carbonisé» est aussi rapide que… enfin, nettement plus rapide que le choix d'une analogie à la fois parlante et subtile, par exemple.

Voilà, pour le reste normalement le cookie lui-même vous prendra en main. Un grand merci à Maud, donc, et bises à sa petite famille.

Les amateurs de blogs-avec-des-recettes qui lisent la langue de Terry Pratchett sont invités à visiter Tea Leaves, où l'on vous servira périodiquement des recettes qui n'existent probablement dans aucun livre de cuisine. Bon, l'essentiel de ce blog est consacré à des critiques au demeurant excellentes et délicieusement décalées de jeux vidéos, mais bon c'est le seul que j'aie dans ma liste qui parle de cuisine relativement souvent.

1 Comments:

Anonymous toma said...

ça a l'air compliqué, mais ça a l'air bon ! allez promis quand je retrouve l'usage de mes 2 jambes, je cuisine à mort !

03 décembre, 2005 14:27  

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